Wednesday, July 13, 2005

SEXUALITE FEMININE ET DONNEES SOCIO-CULTURELLES

«Les influence socioculturelles placent le plus souvent la femme dans une situation où elle est contrainte d’adapter, de sublimer, de refouler, ou même de dévier sa capacité naturelle de fonctionner sexuellement pour remplir le rôle qui lui a été assigné génétiquement (la reproduction). Masters et Johnson.



La sexualité est à la base même de la société; une espèce asexuée peut engendrer une colonie mais en aucun cas elle ne donnera une société. C’est dire le rôle de la société comme instance régulatrice et organisatrice de la sexualité, de ses membres et en même temps l'importance de la dialectique individu / société dans la modification de la perception de la sexualité.

Chaque société définie ses normes et ses traditions sexuelles et infléchit le statut et le rôle sexuels de ses membres. C'est dans ce cadre que nous constatons la variabilité du comportement sexuel en fonction des sociétés. La représentation collective de la sexualité, les traditions diffèrent selon le temps, les cultures et même selon les communautés au sein de la même culture.

En occident, sous l’influence des mouvements de libération sociale et des mouvement de libération des femmes, une révolution sexuelle a été fortement revendiquée. Alexandra Kollontaï a dénoncé, dès le début du siècle dernier, la répression sexuelle des femmes et l’a rattaché à l’oppression de classe. Wilhem Reïch affirma que les coutumes sociales sont responsables d’importantes différences entre la sexualité masculine et féminine. Il considéra que «la moralité capitaliste, moralité de classe, est contre la sexualité et engendre donc le conflit au premier chef. Le mouvement révolutionnaire élimine le conflit en construisant tout d’abord une idéologie favorable au sexe et en lui donnant la forme pratique d’une nouvelle législation et d’un nouveau mode de la vie sexuelle».

Simone De Beauvoir, dans son livre «le deuxième sexe», a exercé une profonde influence sur les nouvelles féministes des années 60. Elle critique Freud et elle considère la culture patriarcale source d’infériorité sociale de la fille et de supériorité du petit garçon.

L’influence du courant des féministes s’est fait sentir surtout au cours des années 60-70. Un événement capital dans l’évolution de la sexualité féminine a été la découverte des méthodes contraceptives en 1955 par Pincus et leur commercialisation en 1960. «Il n’aurait jamais été question d’égalité sexuelle si la connaissance de la contraception n’avait permis aux deux sexes d’assurer la responsabilité totale de tout ce qui résulte de leur contact» (Masters et Johnson)

La révolution sexuelle occidentale a entraîné certainement une certaine libération des pratiques sexuelles, ceci n’empêche que la fonction érotique est «toujours entravée» selon l’expression de Zwang. Par ailleurs, de nouvelles problèmes vont surgir tel que la pornographie, le SIDA….

Dans le monde arabe, la sexualité demeure un tabou, l’oppression des femmes garde son aspect le plus archaïque. Toutefois, plusieurs voix se sont levées contre cette stigmatisation.

Parmi elles, celle de Kacem Amin, qui était l’un des premiers a avoir critiquer la situation de la femme arabe et a dénoncer la polygamie, le port de voile et la non participation à la vie active. Plusieurs auteurs ont continué sur le même chemin. Parmi eux, le poète Nizar Kabbani, qui consacra la majorité de ses œuvres a défendre les droits de la femme dans le monde arabo – musulman ; et l’écrivain tunisien Taher Haddad et son célèbre livre «Notre femme dans la législation musulmane et la société» (ﻊﻣﺗﺟﻣﻟﺍ ﻮ ﻪﻌﻴﺭﺷﻟﺍ ﻰﻓ ﺎﻨﺘﺃﺭﻣﺇ), qui lui a valu beaucoup de critiques et sanctions.

Plus récemment, Nawal Saadaoui a rompue le silence. Dans ses écrits, elle a essayé de diffuser une certaine connaissance scientifique sue la sexualité des femmes tout en démystifiant la jouissance féminine et en critiquant l’oppression des femmes.

En Tunisie, dès l’aube de l’indépendance, grâce à plusieurs intellectuels comme Taher Haddad et politiciens comme Habib bourguiba, les femmes ont pu bénéficier de plusieurs droits comme celui à l’éducation, au travail, la non obligation du port du voile, le libre accès aux méthodes contraceptives et le code du statut personnel. Ce dernier représente une révolution et offre à la femme tunisienne des droits dont ne bénéficie, jusqu’à ce jour, aucune femme dans le monde arabo-musulman (liberté du choix du partenaire, l’abolition de la polygamie, le droit au divorce...).
A. Le développement du comportement sexuel selon l'approche sociale


Simon et Gagnon proposent l’hypothèse que rien n’est véritablement sexuel dans l’enfance. Pendant cette période, nous développons des potentialités telles la sociabilité, la psychomotricité, que nous n’investirons dans un but sexuel, c’est à dire avec une intention sexuelle, qu’à l’adolescence.

Ils soutiennent que la fillette apprend un rôle de "genre" et non un rôle sexuel. Ce qui prime chez elle c’est l’acquisition d’une "genralité" et non l’acquisition de la sexualité. L’apprentissage d’un rôle de genre et le développement d’une "genralité", partie intégrante du développement du moi, ne sont pas conséquence des expériences dites sexuelles de la petite fille, mais résultent des comportements liés au sentiment de s’appartenir.

Ainsi, la petite fille n’est pas un être sexuel ; elle n’est pas le précurseur de l’adulte sexuel. Par exemple, bien s’habiller pour plaire à notre entourage développe l’idée de couleur tout autant que l’art de plaire, en passant par le développement de l’intelligence ; cependant, il n’y a pas comme à l’adolescence, une intention sexuelle. L’adolescente qui met une mini jupe pour attirer le regard d’un garçon vise, elle, le contact sexuel. Elle doit apprendre à intégrer ces potentialités dans un scénario efficace.

Le comportement sexuel d’un individu est inscrit non pas dans sa personne, mais dans les attentes sociales. L’adolescente apprend sa sexualité comme elle apprend un scénario : elle investit les auteurs de valeurs érotiques. C’est ainsi qu’une situation devient sexuelle non parce qu’elle contient tous les éléments sexuels, comme l’intimité, l’atmosphère ou tout autre facteur attirant, mais parce qu’un des facteurs décidera d’investir sexuellement la situation, c’est à dire qu’il organisera les éléments d’un scénario sexuel. Pour expliquer leur point de vue, Simon et Gagnon utilisent l’analogie des bâtons à feu : ils sont bien secs, de bonne qualité, mais, pour que le feu s’allume, il faut les frotter l’un contre l’autre.

En effet, John Gagnon et William Simon postulent que :
1. Le domaine sexuel, chez l’être humain, est peut être la dimension où le biologique est le plus complètement dominé par le socioculturel.
2. La fillette n’est pas un être sexuel ; elle n’est pas le précurseur.
3. Il y a une nette différence entre sexualité et «genralité».

Simon et Gagnon critiquent la position Freudienne sur l’existence d’une libido omniprésente qui expliquerait le développement de l’individu et de sa vie sociale. Pour eux, les comportements extérieurs présumés sexuels de la fillette ne sont pas concomitants des comportements intérieurs sexuels. Ils les expliquent par des phénomènes de curiosité, de maîtrise de la réalité et ne doivent pas être assimilés aux préoccupations érotiques adultes. Ainsi, la petite fille qui joue avec son sexe n’accomplit pas un geste sexuel mais se permet une petite sensualité assimilable à la recherche, chez l’adulte, d’un bon fauteuil.

Ils avancent que nous avons une perception biaisée des enfants : on les considère comme des petits adultes, plutôt que de chercher les caractéristiques de leur autonomie et de leur originalité.

Ils rejettent donc toutes les notions Freudiennes :

1. La libido comme attribut biologique universel et fixe.
2. L’influence universelle de la scène primitive.
3. Les retentissements directs ou indirects, sur la personnalité, de la non satisfaction de la libido.

Il y aurait en effet tant de différences dans les manifestations sexuelles comportementales depuis nos origines qu’il est impossible de l’expliquer par une seule force libidinale. La sexualité humaine est différente selon les âges, les sexes, les cultures, les races et les groupes sociaux.

Pour Simon et Gagnon, tout repose sur les attentes sociales. La sexualité, de plus, n’est pas contrôlée par la seule société, car on retrouve dans certaines sociétés primitives ce besoin, non pas de dominer la sexualité, mais de la favoriser pour permettre la reproduction et la conservation de l’espèce. Dans leur hypothèse, la sexualité serait tout à fait plastique, soumise et esclave des attentes, des normes et stéréotypes sociaux.


A. Ethnologie et sexualité


Depuis Hérodote, nous disposons d’une somme d’observations et de renseignements qui concourent à nous convaincre qu’il n’existe pas de norme universelle pour les comportements sexuels humains. C’est pour ça que l’ethnologie parait indispensable pour étudier le comportement sexuel.

Prenons l’exemple des tabous. Les Tahitiens ne connaissaient aucun tabou relatif à la pudeur. Des couples de tous âges faisaient naturellement l’amour en public sous l’encouragement des spectateurs, par contre, ils s’isolaient et se cachaient pour prendre leurs repas : manger en public était tabou. Ainsi la pudeur peut ne pas être exclusivement associée au corps, mais connaître un transfert sur un objet : la nourriture.

La pudeur peut être associée à des critères géographiques ou de clan : ainsi, chez les tribus voisines d’Amazonie, les Guyacurus et les Uapas, les hommes de la première sont nus et les femmes habillées alors que dans la seconde, ce sont les femmes qui sont nues et les hommes habillés. La déesse Nout montre son sexe sans censure, avec sa fente et sa pilosité, formant le delta renversé sumérien.

La pudeur peut être associée à des critères esthétiques : dans la tribu soudanaise des Nouba de Kau, seuls les individus considérés comme beaux ont le droit de vivre entièrement nus. Ici, la nudité est à l’opposé de la honte, c’est au contraire un privilège.

Pratiquement toutes les sociétés connaissent le tabou de l’inceste, même s’il peut être transgressé par une partie des sujets.

Cet inceste était une des prérogatives des empereurs chinois, alors que dans leur société, la notion d’inceste s’étendait même à ceux qui portaient le même nom. L’homme qui désirait avoir des rapports sexuels avec une prostituée, lui demandait en guise de préliminaire son nom de famille pour ne pas prendre le risque de contracter une union incestueuse. Le cas le plus célèbre d’inceste en Egypte ancienne est celui d’Osiris et Isis.

D’après les ethnologues, une seule société ignorerait totalement l’inceste, il s’agirait des Indiens Chippeways de l’Iowa et du Wisconsin chez qui les mariages se font exclusivement par affinité.

Tous ces exemples sur la variation du comportement sexuel à travers les époques et les sociétés nous démontrent que la sexualité n’est pas quelque chose d’inné, mais simplement la conséquence d’un processus d’intégration du corps dans une fonction sociale.





C . Art et sexualité

Les liens entre le sexe et l’image sont si étroits et si constants qu’ils ont amené les militants ennemis du sexe, à diverses époques de l’histoire, à rejeter tout art comme étant nécessairement corrompu par la sensualité. D’autre part, la domination de l’homme artiste et l’intérêt masculin dans l’art ont été tellement universels, que l’on est tenté de conclure que l’art est une expression de la sexualité masculine !!!.

De tout temps, l’art s’est vu envahi de présentations érotiques. Parmi les représentations les plus anciennes du corps humain se trouvent des figurines sculptées et des reliefs de femmes avec des seins et des hanches fortement exagérés qui datent du début de l’âge de pierre. Certaines de ces sculptures semblent représenter des femmes enceintes et ressemblent ainsi à des peintures des cavernes de la même époque, qui représentent des animaux en état de grossesse.

Il est probable que ces dessins furent tracés dans le but de favoriser la fécondité de la tribu et des troupeaux. Ils n’étaient pas seulement destinés à ressembler à la réalité, mais à être la réalité, ramenée à l’existence réelle de la matière morte dans l’accomplissement magique d’une prière. Leur caractère sexuel était double : ces images étaient des instruments de fécondité et étaient elles-mêmes le produit d’un processus semblable à la reproduction humaine.

La grossesse a été peu représentée et il est très difficile de trouver des documents écrits à son sujet jusqu’à une époque relativement tardive. En effet, les artistes, quelle que soit l’époque, sont dans l’immense majorité des cas, des hommes, et c’est leur vision de la femmes enceinte qu’ils transmettent. Il faut attendre le XXème siècle pour voir apparaître des femmes elles-même peintres ou photographes.

En dehors de ce qu’on peut appeler un «motif imposé» (religieux : visitation, Vierge des Avents ou mythologique : Diane et Casllisto), la femme enceinte a été très peu étudiée par les peintres, contrairement aux représentations de nus, de scènes d’accouchement ou d’accouplement.

1. A l’époque préhistorique

Pendant cette période on trouve les gravures rupestres (le femme au renne, la femme à la licorne) ou les fameuses statuettes dites Vénus stéatopyges datant du paléolithique supérieur (Vénus Lespugue en France, Vénus de Willendort en Autriche).

Leur morphologie provient d’un métabolisme particulier faisant accumuler dans les fesses, l’abdomen et le haut des cuisses des réserves de graisse qui leur permettent de survivre pendant les périodes de disette. Cette propriété se trouve chez certaines peuplades primitives comme les Bochimans du Kalahori.

On peut cependant les considérer comme des témoins du culte de la fécondité existant déjà à l’époque : la femme est louée pour sa fiction de reproduction. Peut-être, était-ce en relation avec cette fonction, un idéal de forme. On pourrait en rapprocher le goût d’un certain nombre de peuples pour les femmes plantureuses (symbole de la fécondité et de la richesse).

2. Pendant l’Antiquité

Les représentations proviennent surtout d’Amérique latine. La femme enceinte fait partir du décor quotidien. Les artistes utilisent le «gros ventre» dans la décoration d’objet utilitaire (cruche…). Par contre, les civilisations méditerranéennes (Grecs, Romains…) ne représentent jamais de gestantes.

3. Dans l’Art nègre

L’idée de fécondité est avant tout traduite par des représentations de mère et d’enfant. A part quelques «gros ventres» évidents, il est difficile de reconnaître comme telles les représentations de femme enceinte. La femme est figurée avec un renflement du bas-ventre, ce qui la différencie des représentations masculines.

4. Au Moyen Age

L’art est pratiquement religieux. Toutes les représentations proviennent d’Europe et sont constituées par des thèmes illustrant le culte marial (Visitation, Vierge des Avents, doute de Joseph) ou plus rarement d’essence profane : les fameux époux Arnolfini de Van Eyck, tableau chargé de calme et de tendresse.

Il faut souligner, à ce sujet, la difficulté d’affirmer qu’une femme est enceinte ou non, en raison du costume et de la légère corpulence des femmes à cette époque.

La Vierge de Piero dello Francesca nous introduit dans la renaissance. On note la diminution du sentiment religieux : la Vierge élégante dans ce décor théâtral, évoquant plus une dame de la cours posant pour un peintre.

5. Au XVème et XVIème siècle

La révolution sociale et culturelle, que l’on appelle Renaissance, a transformé les fonctions idéologiques et les fondements sociaux de l’art. Les artistes ont eu la possibilité de traiter des sujets interdits par l’église.

La madone devient très humaine, soit sous la forme d’une femme du peuple, soit d’une dame de la cours. Les tableaux perdent beaucoup de leur caractère religieux, pour devenir presque une étude de mœurs de l’époque.

A côté des thèmes religieux apparaissant des thèmes mythologiques (Diane découvrant la grossesse de Callisto), des sujets médicalisés : études anatomique de Léonard de Vinci, statuette articulée servant de modèle anatomique, ou tel admirable dessin d’Ambroise Paré.

6. Au XVIIème, XVIIIème et XIXème siècle

Les divers mouvements qui ont dominé l’histoire de l’art en Europe au XIXème siècle, depuis le néoclassicisme et le romantisme jusqu’aux différentes formes du naturalisme et du réalisme, ne favorisaient pas le développement d’un art érotique vigoureux.

Les représentations de femmes sont peu nombreuses et l’on retrouve les mêmes thèmes (visitation, Diane et Callisto, études anatomiques matière à œuvre d’art). Mais la femme enceinte commence à faire son apparition comme sujet en soi, bien qu’encore entourée d’anecdote ou vue sous un angle satirique.

7. Depuis le XXème siècle

L’avènement de l’art abstrait au XXème siècle ne pouvait qu’avoir un effet encore plus défavorable sur l’art érotique, car il est difficile de se référer au sexe dans un style totalement non figuratif.

Bien que peu représentée en comparaison de la profusion des œuvres d’art, la femme enceinte est peinte pour elle-même, soit avec un certain symbolisme comme la maternité de Chagall, où l’on reconnaît une certaine influence religieuse (icône, Vierge des Avents, avec fœtus visible). Dans la très belle œuvre de Klimt (Autriche), une belle femme enceinte est entourée de personnages laids et faciès de croque-morts.

Bavert JF disait en photographiant quelques femmes enceintes : «Je n’ai pas voulu choquer, mais plutôt réagir contre le tabou qui existe à propos des femmes enceintes…Il faut démystifier tout cela. Si le femme enceinte est démystifiée, elle peut être un modèle comme un autre du corps, du point de vue sculptural, la forme très belle».

Petit à petit, l’art va cesser d’être le véhicule de l’érotisme ; le cinéma et la pornographie remplissent désormais cette fonction.

D. Cinéma et sexualité

Si le comportement sexuel est en partie acquis, le cinéma est alors le meilleur moyen pour l’homme de parfaire son éducation sexuelle. Depuis 1895 et la fameuse projection d’un train entrant dans une gare des frères Lumière, le cinéma est devenu l’un des véhicules principaux de l’érotisme. En effet, ce dernier a commencé par l’exposition de plus en plus grande de l’anatomie humaine puis par des représentations de plus en plus explicites de scènes de coït.

Dans la plupart des grands films (c’est à dire ceux qui sont les plus vus, les plus connus et les plus appréciés) le thème central et le cadre narratif consistent en une histoire d’amour hétérosexuel. "Naissance d’une nation", "Intolérance", "Métropolis", "Camile", "Autant en emporte le vent", "L’ange bleu"… ne sont que quelques exemples qui affirment que les questions d’ordre sexuel représentent la préoccupation principale d’entre nous.

La présence centrale de la femme en tant qu’objet physique et sexuel dans le cinéma, se double de son rôle sexuel en tant que thème central de l’illusion masculine. Cette présence symbolique n’est jamais pleinement traduite dans la logique aristotélicienne ni dans la réalité physique.

La partie du corps la plus apte, du point de vue visuel, à exprimer deux volets du diptyque, est le visage. Bien que la poitrine et les jambes des femmes aient commencé à se revêtir d’un caractère presque fétichiste pendant les années 40 et que la fin des années 60 ait vu à la nudité entière de la femme au cinéma, on peut dire que, depuis l’invention du gros plan jusqu’à nos jours, les beaux visages de femmes ont été l’attrait prédominant du cinéma et ont fini ainsi, grâce à lui, par jouer un rôle important dans l’art et la vie.

Des visages comme ceux de Theda Bara, Dolores Del Rio, Marlène Dietrich, Ava Gardner et Monica Vitti ont marqué leur époque. Etudiés dans le détail, ces visages sont froids, quoique empreints d’une forte personnalité, très maquillés, détachés du corps et souvent inexpressifs. Un autre type de vedettes, celui des corps dont les ancêtres sont les prêtresses d’Isis dans "Intolérance", se rangent dans cette catégorie et met l’accent sur Rita Hayworth, Marilyne Monroe, Brigitte Bardot, Ursula Andress, Anouk Aimée et Natalie Wood ; on admire aussi la bouche, les yeux, la poitrine, les jambes et la démarche. Cette dernière catégorie semble de plus en plus l’emporter en popularité.

A part ce cinéma érotique classique, plusieurs autres sujets ont été développés comme l’homosexualité dans "Satiricon" de Fellini en 1970, le sadomasochisme dans "Rosemary’s Baby" de Polanski en 1968, le travestisme dans "Murder" de Hitchcock en 1930, le viol dans "Viridiana" de Bunuel en 1961, la zoophilie…

La pornographie, dont le marché connaît une explosion, offre au consommateur des scènes sexuelles crues et s’adresse surtout à une population masculine. C’est le cas de "Magic" en 1955, de "L’intermède nu" en 1935 ; et les exemples se multiplient.

E. Littérature et sexualité

Depuis sa naissance, la littérature s’est intéressée à la sexualité. Dans les "Héroïdes d’Ovide", correspondance imaginaire d’amants célèbres, les rapports entre Héros et Léandre, et ceux entre Didon et Enée sont idéalisés tandis que la sensualité est plus marquée dans les rapports entre Paris et Hélène.

Plusieurs auteurs ont traités de l’inceste quoiqu’ils remplacent d’habitude l’érotisme par l’horreur. Inconscient de ces forces, Œdipe épousa sa mère afin d’expier son péché d’orgueil. En découvrant leur faute, il se crève les yeux et elle se tue. Chez Shakespeare, Hamlet finit aussi tragiquement, car en essayant de venger la mort de son père, il est en proie à des visions de la sexualité de sa mère.

Outre l’inceste, plusieurs autres joies sexuelles interdites ont été abordées par la littérature érotique. C’est le cas de la pédophilie et du célèbre best-seller de Vladimir Nabokov, "Lolita" (1955). C’est le cas aussi du sadomasochisme et des impressionnantes mémoires du marquis de Sade (1740-1810). Il existe plusieurs exemples d’œuvres érotiques traitant de l’homosexualité ; c’est le cas de l’œuvre de Marcel Proust : "A la recherche du temps perdu" (1927). Et les exemples se multiplient avec la fellation, le cunnilingus, l’adultère, le viol, la zoophilie….

Les œuvres romanesques semblent traiter la femme comme le dépositaire de l’amour, créature qui vit afin que l’amour existe. Richard Burton note à la fin de sa traduction des Mille et une nuits que «la femme, partout dans le monde, est le produit de l’homme». Il existe trois représentations essentielles de la femme : la femme jouet sexuel, la femme démoniaque et la femme adultère rusée.

1. La femme comme jouet sexuel

La femme est devenue, sous l’influence de l’homme en général, un objet de désir, un jouet sexuel. Ce point de vue est d’autant plus courent dans la littérature érotique ou autre, orientale ou occidentale, qu’on le tient maintenant comme norme.

Les grandes histoires d’amour rehaussent la valeur du rôle féminin en octroyant à la femme une vraie personnalité et une présence réelle, mais sa plus grande action consiste d’habitude en un excès de soumission. Ainsi qu’en font foi les suicides de Didon et de Juliette, les vingt années d’attente de Pénélope et la fidélité inébranlable de Damyanti et de Sïta.
D’autre part, les grands amants (Casanova, Don Juan) sont toujours des hommes, car le mot «grand» sous-entend de multiples conquêtes amoureuses, ce que l’on permet à l’homme, mais jamais à la femme. Les femmes qui ont fait de telles conquêtes sont de célèbres courtisanes telles que Thaïs ou Messaline.

Ces histoires de courtisanes jalonnent la littérature européenne depuis très longtemps. Citons par exemple «Etairikoi Dialogoi» (Dialogues des courtisanes) de Lucien (150 après JC), «I Ragionamenti» (Les dialogues) de Pierre l’Arétin (1492-1556), «Aloysia Sigeæ Tolentanæ satirica sotadica» de Arcanis Amoris et «Veneris» de Nicolas Chorier (1612-1690).

2. La femme démoniaque

Le deuxième profil retrouvé dans la littérature est celui de la femme toute puissante et tentatrice, qui mène ses victimes à la ruine avec une joie destructrice : c’est la «femme fatale».

Cette femme au pouvoir démoniaque, qui joue avec l’homme au lieu d’être son jouet, est au premier plan des deux célèbres romans français qui se situent aux antipodes du romantisme : «Manon Lescaut» de l’abbé Prévost (1731) et «Nana» d’Emile Zola (1880).

3. La femme adultère rusée

Ce thème de femme presque jamais satisfaite des rapports sexuels et qui devient, après le mariage, une adultère rusée, domine jusqu’à nos jour la littérature érotique.
Cet adultère fournit un cadre aux «Mille et une nuits» (ﺔﻟﻴﻟ ﻮ ﺔﻟﻳﻟ ﻒﻠﺃ) : après avoir découvert l’adultère de sa femme, Schahraïar, assoiffé de sang, élabore un plan destiné à éliminer la tromperie. Pour ça, il décida d’épouser une nouvelle femme chaque nuit et de la faire exécuter à l’aube. Après trois ans, la jeune Schehrazade accepta de devenir son épouse afin de sauver les femmes du royaume. Elle commença alors ses mille et une nuit de contes, et toutes les nuits, s’interrompant au milieu de sa narration, piquant la curiosité du roi, elle faisait ainsi reculer l’échéance de son exécution.

Plusieurs autres récits ont traité la question de la femme adultère rusée. C’était le cas dans le monde arabe du Roman «Le jardin parfumé» de cheikh Nefzaoui (1400), en Europe du «Décaméron» de Boccace (1350), en Chine de «Jou – p’u – t’uan» (Le tapis de la prière en chair) de Li Yu (1634) et les exemples se multiplient….

F. La sexualité féminine en islam

Contrairement à ce que certain le croient, l’islam est loin d’être la religion la plus répressive de la sexualité féminine. Bien au contraire, la sexualité dans l’islam prend d’avantage le sens d’un devoir sacré où les pratiques érotiques sont encouragées et la satisfaction de la femme indiquée. D’ailleurs, l’excision des filles (pratique courante dans le monde arabo-musulman, exception faite le Maghreb, la Turquie et l’Iran) n’est encouragée dans aucun texte coranique ni par le prophète, mais serait un acte misogyne destiné a priver la femme de plaisir.

Beaucoup de figures légendaires féminines nourrissent la chronique et constituent une véritable revue islamique de la femme. Parmi elles, Amina la mère du prophète, Halima sa nourrice et les femmes avec lesquelles il eut commerce dont KHkadija, la première dame de l’islam, noble et femme d’affaire, protectrice, maternelle et tellement aimante. Mais aussi Aïcha la rouquine ingénue, la belle Zeïneb aux atours incomparables, Hafça fille de Omar le fidèle compagnon, Um Salama la veuve d’un cousin martyr, Çafya la belle juive, et les exemples se multiplient.

La vision islamique de la sexualité est totale. Sa visée c’est d’intégrer le sexuel en tant que vécu quotidien. L’islam est donc reconnaissance, non-méconnaissance de la sexualité. L’islam se distingue donc de la culture judéo-chrétienne où la sexualité est une «regrettable nécessité», un moment de victoire du corps sur l’âme selon la dualité classique.

· Islam et satisfaction des instincts sexuels

L’islam est nettement et ouvertement favorable au plaisir de la chair, il a une éthique positive, affirmative en disant «oui» à la sexualité et à sa satisfaction, mais avec restriction.

En effet, Dieu dit dans la sourate de La table, V 87 : «O vous qui croyez, ne déclarez pas illicites les excellences qu’Allah a déclaré licites pour vous et ne soyez pas transgresseur. Allah n’aime pas les transgresseurs». Il dit encore dans la sourate La Génisse, V 183-187 : «Elles sont un vêtement pour vous et vous un vêtement pour elles.…Cohabitez avec elles et recherchez ce qu’Allah a prescrit pour vous».

Le prophète disait : «Quand un homme regarde son épouse et qu’elle le regarde, Dieu pose sur eux un regard de miséricorde. Quand l’époux prend la main de l’épouse et qu’elle lui prend la main, leurs péchés s’en vont par l’interstice de leurs doigts. Quand il cohabite avec elle, les anges les entourent de la terre au zénith. La volupté et le désir ont la beauté des montagnes. Quand l’épouse est enceinte, sa rétribution est celle du jeûne, de la prière, du djihad».

· La satisfaction licite de l'instinct sexuel en islam

La loi musulmane n’admet que deux procédés licites pour satisfaire l’instinct sexuel, à savoir le mariage et le concubinage légal du maître avec son esclave.

1. Le mariage

Le célibat est très mal vu par l’islam. En effet, il n’y a pas en islam de veilles filles ou vieux garçons ni de veufs inconsolables. Normalement tout individu en état de se reproduire doit être marié. Le prophète dit «J’ai épousé des femmes, quiconque se détourne de la voie que j’ai tracée n’est pas des miens. Celui d’entre vous qui est capable d’entrer en mariage doit se marier».

Le mariage est donc tellement recommandé par l’islam au point de s’approcher de la «ﺔﻀﻴﺭﻔ». Un hadith célèbre dit bien que «L’homme qui se marie se rend possesseur de la moitié de sa religion».

Le mariage blanc n’a aucune place dans l’islam. En effet, la consommation constitue une condition essentielle pour la légitimité du mariage. Une femme trois fois répudiée ne serait retourner chez son époux que si un nouveau mariage a été contracté, consommé et suivi de divorce. Après le divorce, le femme doit attendre un délai de 4 mois et 10 jours (ﺓﺪﻌﻠﺍ) avant de se remarier.

La polygamie est légitimée par l’islam. «Eh bien prenez épouses par deux, par trois, par quatre parmi les femmes qui vous plaisent mais, si vous craignez de n’être pas juste, alors une seule ou des esclaves que vos mains possèdent, cela afin de na pas vous aggraver la charge de la famille». Sourate Les femmes ; V 3.

L’imam Ghazali explique les motifs de la polygamie en disant qu’il y a des hommes dont l’envie sexuelle est débordante, une seule femme ne les satisfait pas et ne les protège pas contre l’adultère. Il est souhaitable dans ce cas qu’ils épousent plusieurs femmes (de 1 à 4). Néanmoins, le coït en présence d’une autre épouse est interdit.

L’imam Ghazali recommande aux musulmans de faire l’amour avec leurs épouses aussi fréquemment que possible. Il propose pour les polygames au moins un rapport tous les quatre jours pour satisfaire leurs partenaires.
Quant aux rapports sexuels entres époux, l’islam précise que l’homme doit satisfaire sa femme. Bouhdiba souligne que les jeux sexuels ou préliminaires (ﺔﺑﻋﻶﻣ) sont chaudement recommandés par le prophète, d’où cette dimension érotologique spécifique de l’islam. L’amour n’est pas à accomplir dans la tristesse et la morosité. Ce n’est pas un devoir pénible mais le plus joyeux don du ciel.

Le prophète précise que le musulman est tenu à amener sa femme à l’orgasme et qu’il ne doit pas se suffire de son propre orgasme et il qualifie l’époux qui ne se soucie pas du plaisir de sa partenaire de bête (ﺔﻣﻳﻫﺑ) et lui recommande les baisers et les paroles tendres.

L’islam a aussi traité la question des positions sexuelles en autorisant au mari d’adopter la position qu’il jugera bonne, toutes étant licites. «Vos femmes sont vos champs, allez à vos champs comme vous voulez». La vache, V 223.

L’homme peut punir sa femme par l’abstention mais cette durée ne doit pas excéder les quatre mois, passer ce délai, la femme peut demander le divorce. Contrairement, la femme qui refuse de faire l’amour avec son mari chaque fois qu’il en a envie, s’expose à la malédiction de dieu. Le prophète dit : «La femme qui refuse de satisfaire les besoins de son mari est maudite jusqu’à ce qu’elle accepte».
Mais même au cours du mariage, il y a des moments où les relations sexuelles entre époux sont interdites. C’est le cas pendant le pèlerinage à la Mecque, quand on est en "ihrâm" (ﻢﺍﺭﺣﺇ) et durant la journée pendant le jeûne. C’est le cas aussi où la femme a ses menstruations ou ses lochies, non lorsqu’elle a des pertes irrégulières. Ce qui est licite, c’est que le mari prenne plaisir sur la partie supérieur du corps de la femme.

«Ils t’interrogent sur les règles des femmes, dis-leur : c’est un inconvénient. Séparez-vous de vos épouses pendant ce temps et n’en approchez que lorsqu’elles seront purifiées. Lorsqu’elles seront purifiées, venez à elles comme vous l’ordonne dieu». La génisse ; V 22.

Contrairement aux autres religions monothéistes et à ce que peut croire certains, la disjonction entre sexualité et procréation est une innovation de l’islam qui légitime la contraception et l’avortement. En effet le coït interrompue peut être pratiquer par l’époux à condition d’avoir l’accord de son épouse. Quant-à l’avortement, il peut être provoqué, à condition que la différentiation des formes du fœtus ne soit pas encore réalisée, ce qui, selon les théologiens musulmans, se produit seulement après 120 jours.

2. Le concubinage légal

Même si cette question n’a de nos jours plus beaucoup d’intérêt pratique, elle en a eu beaucoup jadis. Le concubinage du maître avec son esclave n’est certainement pas considéré d’un œil aussi favorable que le mariage, mais l’un n’empêche pas l’autre. Ces rapports ont pour but la satisfaction des désirs charnels mais non la procréation, contrairement à ce qui se passe dans le mariage, mais ceci n’était pas tout le temps respecté.

· Les interdits islamiques de la sexualité

1. Les rapports sexuels en dehors du mariage

Les rapports sexuels en dehors du mariage rentrent dans le chapitre du "zinâ" (ﺎﻧﺰﻠﺍ). Ce dernier se trouve frappée d’un interdit particulièrement violent : vingt-sept versets lui sont, dans le coran, pour le moins consacrés.

On peut définir le zinâ comme un coït pratiqué avec un partenaire auquel on n’est pas uni par les liens soit d’un mariage, valable ou putatif.

«N’approchez point le zinâ, c’est une turpitude et c’est la voie du mal». Sourate L’Isrâ ; V 34.
La sourate La Lumière, en son troisième verset, l’assimile purement et simplement à une forme de paganisme, «ﻛﺍﺮﺷﻻﺍ», association de faux dieu à Allah. «Le zâni ne serait épouser qu’une zânia ou une païenne ; la zânia ne serait épouser qu’un zâni ou un païen».

L’islam interdit et punit également l’homme et la femme adultère, cependant les peines sont absolument différentes selon qu’il s’agit d’un coupable "mouh’çan" (ﻥﺻﺣﻣ) ou non.

Le mouh’çan est l’individu libre, pubère, sain d’esprit, ayant contracté ou consommé valablement un mariage.

Donc en cas de zinâ, le mouh’çan encourt la mort par lapidation, alors que le non - mouh’çan est puni de cents coups de fouet.

Au départ, on peut lire dans le coran : « Quant-à celles de vos femmes qui commettent une turpide, faites témoigner contre elles quatre d’entre vous. S’ils sont témoins, alors confinez ces femmes aux maisons jusqu’à ce que la mort les achèves ou que dieux leur ouvre une voie». Sourate les femmes, V15.

Ultérieurement on peut lire :«La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les de chacun cents coups de lanière, et que nulle douceur ne vous prenne à leur égard, en la religion de dieu». Sourate La Lumière ; V 2.

2. La nudité

Les personnes pubères doivent avoir leur nudité couverte. La musulmane, étant seule ou en compagnie de coreligionnaires du même sexe, doit au moins couvrir son corps depuis son nombril jusqu’aux genoux. Devant des hommes qui lui sont étrangers, ou les non musulmans, elle doit être entièrement couverte, à l’exception des mains et du visage.

Dieu dit dans la sourate la lumière, V 31 : «commende aux femmes qui croient de baisser leurs yeux et d’être chastes, de ne découvrir de leurs ornements que ce qui est en évidence, de couvrir leurs seins de voiles, de ne faire voire leurs ornements qu’à leurs maris, à leurs frères ou aux fils de leurs frères, aux fils de leurs sœurs ou aux femmes de ceux-ci, ou à leurs esclaves acquêts de leurs mains ou aux domestiques mâles qui n’ont point besoins de femmes, ou aux enfants qui ne distinguent pas encore les parties sexuelles d’une femme. Que les femmes n’agitent point leurs pieds de manière à faire voir les ornements cachés».

3. L’inceste
L’islam nous propose de l’inceste la conception la plus large possible : le belle-famille est assimilé à la parenté de sang. Les liens du sang empêchent les relations sexuelles avec les ascendants, les descendants, les latéraux, les collatéraux, les neveux et les nièces. La prohibition est étendue aussi à la parenté par alliance qui vaut la consanguinité et il est tout aussi illicite d’épouser les beaux-père, les beaux-fils et les beaux-frères.

Les liens du lait ne sont guère moins importants. Les mêmes empêchements sont crées par l’allaitement entre les nourrissons d’une part et la nourrice et toute sa famille d’autre part. Les nourrissons d’une même nourrice sont considérés comme frères et sœurs même s’ils n’ont pas été ensemble. Le prophète dit : «Les interdits du lait sont identiques aux interdits du sang». Razi commente : «En dénommant la nourrice mère et les co-nourrissons frères et sœurs, Allah a donné à l’allaitement la même porté que la consanguinité».

4. Les relations sexuelles avec des non – musulmanes

Une musulmane ne peut jamais avoir des rapports qu’avec un musulman.

5. l’homosexualité

L’homosexualité féminine (ﻖﺎﺣﺴﻟﺍ) a fait l’objet des condamnations les plus vives par l’islam. Elle constitue un viol de la séparation des sexes. Le prophète disait : «Dieu a maudit ceux qui changent les frontières de la terre».

Cependant, les avis ne concordent pas quant-aux peines applicables. Pour certains, l’homosexualité féminine est assimilée au zinâ et ils préconisent d’appliquer le châtiment mortel à celles qui s’y livrent, alors que pour d’autres, elle est traitée avec une relative indulgence et celles qui la pratiquent n’encourent que la réprimande au même titre que l’autoérotisme, la bestialité ou la nécrophilie.

6. La prohibition de la mixité

«Un homme et une femme seuls, Satan sera la troisième». Le prophète.

7. La sodomie

Elle est également interdite par l’islam. «Maudit celui qui prend sa femme par l’anus» disait le prophète.

8. La masturbation

Le cas de la masturbation (ﺪﻴﻠﺍ ﺡﺎﻛﻧ) est très controversé selon les écoles en l’absence de texte franc. Dans le recueil d’une fatwa on lit : «Si cela a lieu par recherche de la jouissance, c’est interdit. Mais si la cause est en est l’apaisement de la passion charnelle, nous espérons que cela ne sera pas compté à l’intéressé comme péché grave».


Après avoir passer en revue la vison islamique de la sexualité féminine, il faut noter que plusieurs ajustements historiques ont fait que l’éthique sexuelle et la vision du monde qui la sous-tend ont de moins en moins de rapport avec les généreuses déclarations coraniques et mohammédiennes. La sexualité ouverte, accomplie dans la joie en vue de la réalisation de l’être, a peu à peu cédé la place à une sexualité close, morose et comprimée. La bipartition sexuelle se mutait en un dimorphisme social source d’innombrables souffrances pour la femme. On finissait jusqu’à priver cette dernière de ses droits sexuels les plus élémentaires.

B) G. Législation et sexualité

1. L’adultère

«L’adultère du mari et de la femme est puni d’un emprisonnement de cinq années et d’une amande de cinq cent dinars. Il ne peut être poursuivi qu’à la demande de l’autre conjoint qui reste maître d’arrêter les poursuites ou l’effet de la condamnation. Lorsque l’adultère est commis au domicile conjugal, l’article 53 du code pénal ne sera pas applicable. Le complice est puni des mêmes peines que la femme ou le mari coupable». Article 236 du code pénal.

Cet article 53 du code pénal, relatif à l’application des peines, prévoit que «La peine peut être non seulement abaissée jusqu’à un jour, mais encore convertie en une amande qui ne pourra excéder le double du maximum prévu pour l’infraction», ne peut donc être appliquée dans le cas où l’adultère serait commis au domicile conjugal. (jurisprudence n° 10964 du 10 mars 1975)

La loi traite également la femme et l’homme adultère.

Donc, pour parler d’adultère, il faut que l’acte sexuel se déroule dans la période s’écoulant entre la rédaction du contrat de mariage et la séparation par le divorce ou la mort. De ce fait, le mariage blanc ne constitue pas une dérogation à cette règle. (jurisprudence n° 507 du 12 mars 1976, n° 1944 du 11 juillet 1977)

Il faut aussi remarquer que, contrairement au "fikh" musulman, la pénétration n’est pas une condition nécessaire pour parler d’adultère. L’appréciation du juge reste ici primordiale. (jurisprudence n° 3482 du 14 janvier 1980, n° 4520 du 29 octobre 1980)

Le coté intentionnel doit exister. En effet, si l’homme ou la femme adultère croyait au moment de l’acte que l’autre était divorcé ou non marié, il n’y a plus d’adultère.

L’article 236 du code pénal n’a pas spécifié les preuves nécessaires pour parler d’adultère. L’appréciation du juge reste encore primordiale, sauf que ce dernier doit justifier sa sentence. (jurisprudence n° 13671 du 25 février 1987)

Il faut noter enfin que l’adultère constitue une cause de divorce pour préjudice grave assortie de dommages et intérêt.



2. Outrage public à la pudeur

«L’outrage à la pudeur commis publiquement et intentionnellement est puni d’un emprisonnement de six mois et d’une amande de 200 francs». Article 226 du code pénal.

L’outrage public à la pudeur est donc tout acte de caractère sexuel, commis par intention, le plus souvent dans un endroit public.

Il peut s’agir de coït, de sodomie, de masturbation ou d’exhibitionnisme commis dans un endroit public ou même dans un endroit privé pratiquer sans précaution avec fenêtres ouvertes par exemple. (Jurisprudence n° 5974 du 7 août 1968 et n°288 du 18 août 1976).

3. La polygamie

La Tunisie est le seul pays arabo-musulman qui interdit la polygamie.

«Quiconque, étant engagé dans les liens du mariage, en aura contracté un autre, avant la dissolution du précédent, sera passible d’un emprisonnement d’un an et d’une amande de 240 000 francs ou l’une de ces deux peines seulement, même si le nouveau mariage n’a pas été contracté conformément à la loi». Article 18 du code du statut personnel.

4. Le concubinage

Le délit de concubinage ne fait pas partie de l’arsenal des infractions retenues par le code pénal tunisien. C’est par référence à la législation promulguée par le code de statut personnel, en vue de la suppression du mariage «ﯽﻔﺮﻋ», pratique très répandue en Tunisie avant 1956, qu’il y a poursuite et condamnation du concubinage : c’est le délit de mariage hors des formes légales, punissable par l’article 18 du code du statut personnel.

4 Comments:

Blogger Heliodore said...

Vous avez dit :

"Donc en cas de zinâ, le mouh’çan encourt la mort par lapidation, alors que le non - mouh’çan est puni de cents coups de fouet."

C'est totalement faux.
Dans le Saint Coran, et vous l'avez même mentionné :«La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les de chacun cents coups de lanière, et que nulle douceur ne vous prenne à leur égard, en la religion de dieu». Sourate La Lumière ; V 2.

Donc, il n'y rien qui indique la lapidation dans le Coran.
C'est 100 coups de fouet pour les mohsans et la moitier pour les non-mohsan.

6:46 PM  
Blogger Tarek said...

Vous mentionnez que la Tunisie est "le seul pays arabo-musulman" a interdire la polygamie. Je dirais plutôt le seul pays "arabe", car la Turquie l'interdit également

11:33 AM  
Blogger mottala3 said...

heliore a raison, la lapidation a effectivement existé en Islam, mais le verset qui l'ordonne et qui était dans la sourate de Al Imrane a été abrogé.
Par contre l'homosexualité est différente: Dans la sourate des femmes il est dit que les femmes homosexuelles doivent être emprisonnées chez elles A VIE et les hommes homosexuels il faut leur faire du mal, s'ils se repentissent laissez-les tranquilles.

5:57 PM  
Blogger AmigaINC said...

Bonjour,

vous mentionnez dans votre texte des malades, ou des actes, "médico-légaux". En quoi cela consiste-t-il ? Nulle part je ne trouve définition de ce terme.
Merci d'avance

2:43 AM  

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